En pratique vente-directe

Comment et pourquoi devenir VDI pour plusieurs marques

, par Fabien Soyez

Il peut être tentant de représenter plusieurs marques en vente directe, afin d’accroître ses revenus et de fidéliser sa clientèle. Mais attention à ne pas trop vous éparpiller. Marie-Claude Breniaux, présidente du cabinet Initiatives Vente Directe, nous livre ses conseils pour devenir un “multi-VDI” heureux.

 

Quels seraient pour un VDI les avantages de la multi-activité ?

Dans le cadre de mon expérience (35 ans dans la vente directe), j’ai cumulé un temps deux activités – une en cosmétique, et une en vêtements de prêt à porter. Pour moi, à l’époque, il s’agissait d’un bon moyen de fidéliser ma clientèle.

Le fait de proposer une autre marque, un nouvel univers, vous permet en effet de garder un lien avec votre clientèle, et de pouvoir multiplier le nombre de fois où vous pourrez la voir – au lieu de la voir 4 fois par an pour une seule marque, vous pourrez la voir 4 fois, plus 3 fois pour une autre. En outre, il s’agit aussi d’une façon de découvrir une nouvelle clientèle  – vos hôtesses pouvant inviter d’autres amis, qu’elles n’auraient pas convié pour la seule marque pour laquelle vous travailliez initialement.

Enfin, conjuguer plusieurs produits peut vous permettre d’accroître vos revenus, et de vous éviter une éventuelle lassitude.

 

Pour autant, devenir VDI pour plusieurs marques n’est pas si simple…

La multiactivité peut être très enrichissante, mais seulement quand on sait très bien gérer, faire la part des choses, et cibler ses clients en fonction des univers présentés.

Le risque en tentant de mener deux activités simultanées, c’est de s’éparpiller. Ce n’est déjà pas évident de développer une seule activité de VDI, alors c’est encore moins facile d’en développer deux. Si vous manquez de temps, vous risquez de décevoir la clientèle que vous aviez déjà constituée, voire de la déstabiliser en lui proposant d’autres produits.

En outre, quand on est sur un rendez-vous pour une marque, on est à 100 % sur celle-ci. Si vous avez des objectifs de chiffre d’affaire dans l’une ou l’autre des sociétés pour lesquelles vous travaillez, le risque est que l’une des deux marques soit lésée – car le pouvoir d’achat de la clientèle ne se multiplie pas par deux. Cela pourrait aussi engendrer des difficultés pour l’attribution des cadeaux d’hôtesses, car qui dit deux marques différentes, dit souvent deux règles de calcul de cadeaux d’hôtesses différentes. Il faut donc faire très attention à ne pas proposer deux gammes de produits dans la même réunion ou le même atelier – en tout cas si votre but est de fidéliser la clientèle.

Enfin, pour vendre tous ces produits, il faut bien les connaître – notamment leur saisonnalité. Car il peut être difficile de maîtriser une gamme trop importante. En outre, le VDI doit absolument faire preuve de rigueur et avoir des qualités organisationnelles. Car il lui faudra se donner des objectifs mensuels et, avoir une visibilité sur ses rendez-vous à plusieurs mois, sous peine de se noyer.

Dans ce sens, je ne conseille pas le fait d’avoir deux activités de VDI en début d’activité. Mieux vaut avoir une solide expérience dans la vente à domicile, un chiffre d’affaires conséquent, un bon fichier clientèle et une activité principale qui tient déjà la route, avant d’envisager d’en développer une deuxième.

 

Quelles règles faut-il respecter pour devenir “multi-VDI” ?

Le cumul de deux activités de VDI est tout à fait possible. Mais les deux produits que vous allez distribuer ne doivent pas se faire concurrence directement. En effet, dans les contrats de VDI, il y a bien souvent une clause d’exclusivité – donc attention à ne pas présenter d’univers directement concurrentiels. En revanche, cette clause ne s’applique pas s’il s’agit d’une activité où les produits appartiennent à un univers totalement différent.

En cas de non respect de la clause d’exclusivité, le risque est que la société concernée vous demande d’arrêter votre contrat avec la marque concurrente, ou vous somme de choisir. De toute façon, en règle générale, mieux vaut bien différencier les activités, car les cibles de clientèle peuvent être différentes, et encore une fois, le risque de s’éparpiller est grand.

Il est du reste toujours préférable (même s’il n’y a pas d’obligation légale, il en va de votre éthique professionnelle) d’avertir la société pour laquelle on travaille, que l’on va prendre un nouveau statut de VDI pour une autre marque.

 

Fabien Soyez

Fabien Soyez
Journaliste Web et Community Manager


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