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Salariés et VDI : Gérez votre double vie !

, par Julie Tadduni

Difficile d’envisager cumuler une activité salariée avec celle de VDI sans s’imaginer d’emblée submergé par la quantité de travail. Quel est le secret de ceux qui parviennent à organiser ce quotidien ?

 

Besoin d’un complément de revenu, passion pour un univers, un produit en particulier, désir de s’épanouir dans une autre activité… À l’origine de la décision de débuter une activité de VDI (vendeur à domicile indépendant) en parallèle d’un emploi salarié, les motivations peuvent être multiples. “Je n’avais pas de diplôme et cela m’agaçait que l’on prenne uniquement cela en considération dans les voies traditionnelles, raconte Michel Ame, informaticien dans l’administration et manager chez Akéo. À l’origine, j’ai toujours rêvé de créer mon entreprise, et tout particulièrement un centre équestre. Pour financer ce projet, il y a dix-huit ans, j’ai commencé la vente directe. J’ai depuis abandonné l’idée du centre équestre… mais pas la vente directe. Cette activité m’a vraiment séduit car elle ne se base pas sur le cursus scolaire.” Toutefois, la double casquette nécessite de faire preuve d’une grande organisation si, en plus de l’emploi du temps bien rempli qui en découle, on souhaite préserver des moments pour soi, ses amis ou sa famille.

 

Un choix

“Je suis assistante familiale. J’ai pris la décision de ne m’occuper désormais que d’un seul enfant pour pouvoir consacrer un peu de temps à mon activité de VDI, indique Carmen Delahaye, VDI chez Silit et assistante familiale. Mon métier m’enferme quotidiennement chez moi et souvent avec des enfants qui nécessitent beaucoup d’attention. Avant de débuter chez Silit, lorsqu’ils partaient à l’école, je ressentais le besoin de communiquer avec l’extérieur, de partager des choses.”

La vente directe peut ainsi être un moyen de s’évader. Pour d’autres, c’est une véritable bouffée d’oxygène, comme pour Christelle Viard, VDI chez Charlott’ Lingerie et manipulatrice en électroradiologie : “Je côtoie beaucoup de malades dans mon travail. J’avais envie de plaisir, de gaieté, et de ne pas être en permanence confrontée à des malheurs. C’était également un défi personnel, car je n’ai aucune formation commerciale”. Elle confie aussi que cela lui a apporté un épanouissement et une reconnaissance qui lui faisaient défaut au quotidien.
Le défi que propose la vente directe peut être un véritable moteur et réveiller des talents. “Au-delà de l’argent, le plan marketing était séduisant, et les équipes portaient des valeurs, ajoute Michel Ame. Je suis issu d’un milieu modeste et j’ai toujours voulu sortir de la condition de salarié classique. Mais avant de se lancer, il faut savoir que si l’on veut pouvoir conserver son emploi, on est obligé de rogner sur son temps libre.”

 

Organiser et planifier avec agilité

Les salariés qui ont fait le choix d’exercer une activité de VDI en complément de leur emploi salarié ont dû apprendre à s’organiser différemment, et à faire en sorte qu’une activité ne devienne pas nuisible pour l’autre. “Je travaille à Paris et, même si l’on dit que le rythme est assez calme dans l’administration, je perds beaucoup de temps en passant presque quatre heures par jour dans les transports, rapporte Michel Ame. C’est pourquoi je me suis organisé de la façon suivante : le samedi est dédié à la clientèle, et les soirs de la semaine, je gère la partie administrative de la vente directe, le réseau…”

D’après Carmen Delahaye, pour qui la cuisine a toujours été une passion, il n’est pas difficile de cumuler emploi salarié et vente directe lorsque l’on sait s’organiser. “Les cours culinaires que je dispense en semaine ont lieu à 11 heures, dans le but de préparer un repas ensemble et de le déguster. Cela se termine aux alentours de 13 heures. Je fais cela uniquement en période scolaire, lorsque la petite fille dont je m’occupe n’est pas présente.” Elle pratique également cette activité un week-end sur deux, encore une fois en fonction de l’emploi du temps de l’enfant. À cela s’ajoutent des mercredis uniquement consacrés aux activités de la petite fille. Pour la VDI de Silit, tout s’enchaîne très facilement. Apprendre à planifier est le maître mot. “C’est le secret pour que cela se passe bien, confie Michel Ame. Si on ne le fait pas correctement, on risque de se laisser prendre par le temps.”

Le fait d’avoir un salaire fixe en parallèle et de ne pas avoir fait le choix de la vente directe dans le but d’avoir un complément de revenus, permet une approche des choses complètement différente, selon Carmen Delahaye : “On ne me verra jamais étaler des bons de commande ou des catalogues pendant la présentation. Je les sors uniquement lorsqu’on me le demande. Le fait de ne pas avoir fait ce choix dans un souci d’argent me permet de m’organiser complètement comme je veux sans avoir à me dire : ‘je dois sortir un revenu de telle ou telle somme’”.
Si ce cumul reste possible avec un peu d’organisation, il faut être vigilant et ne pas faire que travailler.

 

Et le temps pour le reste ?

Un emploi salarié, une activité de VDI… Mais où trouvent-ils encore du temps pour eux, leur famille, leurs loisirs ? Et bien visiblement, cela aussi se planifie. “Le samedi soir et le dimanche sont absolument sacrés pour moi. Ainsi je ne travaille ni pour mon emploi, ni pour Akéo, sauf exception évidemment, lorsqu’il y a un congrès, etc.”, révèle Michel Ame. Pour lui, ces instants sont indispensables afin de tenir le rythme et ne pas se laisser dévorer par une des deux activités. Carmen Delahaye, quant à elle, se réserve les matinées pour pouvoir se consacrer pleinement à sa maison, à cuisiner pour elle et non pour les autres, etc.

Alors, pourquoi n’ont-ils pas quitté leur emploi salarié ? “Parce qu’on découvre et on voit autre chose. C’est totalement différent de ce que j’avais l’habitude de faire. Mais les deux me plaisent. Le bonus, c’est que 85 % de mes clients sont devenus de bons amis, qui prennent régulièrement de mes nouvelles”, explique Carmen Delahaye.

“J’ai un très bon poste et un salaire confortable, donc je ne peux pas vraiment me permettre d’arrêter, même si la vente directe me rapporte une coquette somme avec laquelle je pourrais vivre”, explique Michel Ame. Il précise cependant que, salarié ou non, il ne faut pas croire que vente directe égale loto. En effet, pour lui, cela demande énormément de travail.
Parfois, c’est l’occasion d’acquérir des compétences, et surtout en bien-être. “Dans la vie, il est important de se lancer des défis, cela permet de croire en ce que l’on fait, en ce que l’on entreprend”, constate Christelle Viard pour qui la vente directe a comblé un vrai manque. Enfin, pour Carmen Delahaye, “il faut faire les choses de façon détendue, ne pas se fixer trop d’objectifs précis au départ car on pourrait être déçu en ne les atteignant pas et choisir d’arrêter. En partant de ce principe, je partage aujourd’hui régulièrement mon amour de la cuisine avec des personnes très sympathiques et cela m’aide à m’évader de mon emploi classique”.

 
 

Julie Tadduni
Journaliste Web et community manager pour Vente directe magazine


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